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La 130e promotion du CSIA sur les traces du corps expéditionnaire français en Italie

Mise à jour : 17/07/2017  - Auteur :  CDEC/CSIA/ LCL GUE, professeur d’histoire militaire du CSIA  - Direction :  CDEC/DAD/Com-Pub

Le 4 juin 1944, le général Juin fit son entrée dans Rome à la tête du corps expéditionnaire français en Italie (CEFI).

Avec cette force de 115 000 hommes, majoritairement composée d’unités de l’armée d’Afrique, il avait rompu la ligne Gustav dans le secteur du Garigliano trois semaines plus tôt. Il avait ensuite débordé par les montagnes les défenses allemandes de la vallée du Liri et du mont Cassin, ouvrant ainsi la route de la ville éternelle aux Alliés qui piétinaient depuis le début du mois de janvier 1944 devant les défenses allemandes.  

C’est cet épisode de la Seconde Guerre mondiale, éclipsé par le débarquement de Normandie et resté depuis dans l’oubli, qui a constitué le thème des études historiques sur le terrain de la 130e  promotion du cours supérieur interarmes (CSIA).

Les officiers stagiaires dans la peau des acteurs des événements

  Pour les futurs officiers brevetés de l’armée de Terre, il s’agissait de mieux appréhender le rôle joué par le CEFI pendant cette campagne, qui permit à la France de regagner son crédit militaire et de siéger à la table des vainqueurs en 1945, tout en améliorant leur compréhension du raisonnement tactique et de la prise de décision.

Atterrissant à Naples, où les première unités françaises avaient débarqué en novembre 1943, la 130e  promotion, organisée en états-majors réduits, s’est d’abord penchée sur la difficile progression des troupes alliées jusqu’à la ligne Gustav. Des jardins du monastère du Mont Cassin, inutilement détruit par les bombardements anglo-américains de février 1944, et auxquels la communauté bénédictine leur avait permis d’accéder, ils ont analysé les causes de l’échec des tentatives alliées de pénétration dans la vallée du Liri, avant d’étudier le rôle joué par le CEFI à la même époque.

Ce dernier, qui était alors chargé d’une simple mission de couverture dans le massif du Belvédère, situé plus au nord, n’en obtint pas moins des résultats appréciables. Le général Juin put ainsi s’imposer auprès des Alliés et obtenir leur aval pour l’exécution d’une manœuvre audacieuse qu’il avait imaginée pour percer.

L’élaboration de cette manœuvre, dont seul le but est généralement connu du plus grand nombre, a constitué l’une des principales tâches que les officiers ont eue à accomplir pendant leur EHT.

 

 

Une solution peu orthodoxe, proche de celle choisie par Juin

 

Procédant par cas concrets successifs, sur des points caractéristiques du terrain, Ils ont ainsi pu « dérouler » les différentes étapes d’un raisonnement tactique, ponctué par le choix de l’ « effet majeur » et du mode d’action le plus propre à l’atteindre.

Les solutions proposées par les différents groupes d’officiers stagiaires se sont toutes révélées pertinentes. Certaines d’entre-elles ont même été assez proches du plan reposant sur une progression dans des montagnes, jugées impénétrables (partie sud-ouest des monts Aurunci), qui avait été arrêté par le général Juin. Cela n’était pas sans mérite compte tenu des risques que comportait l’exécution d’un tel plan, et le simple fait d’en suggérer la réalisation au haut commandement allié.

 Comme l’avait expliqué malicieusement le chef du CEFI aux officiers de son état-major, après avoir obtenu l’accord des Anglo-américains : « si jamais j’avais osé présenter un thème tactique aussi peu orthodoxe à l’examen d’entrée » de l’École de Guerre « j’aurais sûrement été recalé ».

Les contre-mesures imaginées par les officiers chargés d’envisager les opérations du point de vue allemand offrirent, également, des similitudes avec celles qui avaient été mises en œuvre par le général von Senger und Etterlin, l’adversaire de Juin. Conjuguée à la dispersion des efforts, causée par l’attraction que Rome exerçait sur le général Clark, commandant de l’armée américaine dont le CEFI dépendait, la riposte du chef allemand permit à ses troupes d’éviter un désastre complet.

 Il ne s’agissait cependant pas tant de refaire l’histoire que de donner aux officiers stagiaires l’occasion de mieux appréhender la question de la prise de décision dans des conditions incertaines, tout en s’entraînant au raisonnement tactique sur un terrain particulièrement difficile, face à un ennemi imaginatif et réactif.

L’exercice de niveau brigade, qui clôture le stage de la 130e  promotion, permettra d’effectuer une première évaluation de la contribution de l’EHT Italie à la formation des officiers à l’exercice du commandement en opérations.

 

Sources : CDEC/CSIA/ LCL GUE, professeur d’histoire militaire du CSIA
Droits : CDEC/CSIA/ LCL GUE, professeur d’histoire militaire du CSIA

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